Il y a dans cette pièce cette femme qui m'est chère
Ses yeux humides et clairs, son sourire qui m'éclaire.
Il y a dans cette pièce l'absurde qui s'arrête
Retour à l'essentiel: mes racines et ma terre.
Il y a dans cette pièce le beau de la vieillesse
Qu'elle me donne en promesse mon guide, ma pionnière.

Il y a dans cette pièce une brise légère
Derrière la moustiquaire, son jardin puis le ciel.

L'ordre des choses, évidemment
C'est ses mots qui se posent sur nos chagrins d'enfants.
L'ordre des choses, évidemment
C'est ses mots qui s'opposent aux mots d'adolescents.

Il y a dans cette pièce biscottes beurre demi-sel
Confiture prune fraîche et café noir amer.
Il y a dans cette pièce, dans sa voix qui me berce
100 ans d'une vie pleine, des mots vrais sans caresse.
Il y a dans cette pièce encadrées sous le verre
Des photos de nos têtes, de ma fille jusqu'à elle.

Il y a dans cette pièce, il y a juste à être
Il y a la tendresse, le silence qui apaise.

L'ordre des choses, évidemment
C'est ses mots qui cajolent nos soucis de parents
L'ordre des choses, évidemment
Par la force des choses, maintenant.

Il y a dans cette pièce ses deux chaussons par terre
Un lit avec manette, de l'eau qui coule en perf.
Il y a dans cette pièce le corps qui souffre et pèse
L'esprit lui qui s'entête, force de caractère.

Il y a dans cette pièce un roman grand ouvert
L'histoire de 2 fillettes, celle qui fuit, celle qui reste.

Il y a dans cette pièce
Tout l'amour de la Terre
Il y a ma grand-mère
Notre adieu, puis le ciel.